Monsieur roule en Porsche

L’American Le Mans Series fait étape dans l’Ohio pour la 6e manche de la saison. Patrick Long, leader provisoire du Championnat GT, est notre guide.

Alors comme ça, Monsieur roule en Porsche tous les week-ends. Salt Lake City, Lime Rock, 24 Heures de Spa, Mi-Ohio… Depuis début juillet, Patrick saute d’un continent à l’autre et d’une 997 à l’autre. Premier ici avec le N°45, deuxième là avec le 16…

« Mid-Ohio a une saveur particulière pour moi et pour Flying Lizard. C’est ici, en 2004, que l’aventure a commencé pour l’équipe californienne avec une première victoire. Quand j’étais ado et futur pilote, je me rendais ici chaque année pour voir la course et prendre des contacts avec les teams. J’étais assis dans l’herbe sur les talus bordant la piste. Aujourd’hui, je garde toujours ces souvenirs en mémoire quand je cours à Mid-Ohio. »

Les Porsche Flying Lizard ont gagné quatre des six dernières courses ALMS GT2 sur ce circuit très varié avec des courbes rapides, des zones de dépassements, un cadre magnifique et un public passionné.

« Il y a beaucoup de virages à gauche et des enchaînements rapides. Il faut une confiance totale en la voiture, un parfait équilibre. Il y a deux freinages importants, ce qui convient bien à la Porsche. En revanche, les Corvette, Ferrari et BMW sont mieux en lignes droites. »

Jorg Bergmeister et Patrick Long, qui rentrent tout juste des 24 Heures de Spa où ils ont terminé 1er et 2e, seront de nouveau associés dans la Porsche N°45. Patrick Pilet remplace Darren Law dans la N°44 aux côtés de Seith Neiman. Le Français a déjà piloté pour les « Lézards Volants » en 2008.

Avant ce planning estival chargé avec Porsche, Patrick Long avait découvert la NASCAR Nationwide à Road America. Au volant de la Toyota N°90 du team D’Hondt Humphrey Motorsports, Patrick s’est classé 14e. « J’étais dans le top-ten avant un incident en fin de course », rectifie le pilote de Las Vegas.

 

Doublé Porsche à Spa

BMW s’acheminait vers sa deuxième grande victoire de l’année après les 24 Heures du Nürburgring, mais à une demi-heure de l’arrivée, les Porsche N°23 (Dumas/Bergmeister/Ragginger/Henzler) et N°16 (Pilet/Long/Lietz/Narac) ont profité d’une erreur de trajectoire de la BMW N°79.

Après une 3e place LMGT2 aux 24 Heures du Mans, la Porsche GT3 RSR N°23 de BMS Scuderia Italia a remporté la 62e édition des 24 Heures de Spa qui était réservée aux GT2, GT3, GT4 et GTN. De son côté, Romain Dumas remporte sa 2e course de 24 Heures en moins de deux mois !

Battues en Allemagne en mai dernier, les Porsche GT3 RSR ont bien failli de nouveau s’incliner en Belgique face aux BMW M3 officielles. Si la N°78 fut rapidement ralentie par des coupures moteur, la N°79 de Adorf/Werner/Müller fit la course en tête et comptait un tour d’avance jusqu’à une demi-heure du drapeau à damier où elle laissa filer une victoire promise – et les deux Porsche – après un passage dans le bac à gravier.

Les Porsche BMS Scuderia Italia et Imsa-Performance-Matmut ont profité de l’aubaine pour réaliser un doublé inespéré après 540 tours. BMW Motorsport échoue aux 3e et 4e places.

La Ferrari N°2 engagée par AF Corse et Vitaphone comptait un équipage de luxe avec Bruni, Vilander, Van de Poele et Longin. Qualifiée en pole, elle fut rétrogradée au 7e rang après un contact en début d’épreuve. Revenue 2e à mi-course, un nouvel accrochage avec l’Audi N°50 eut raison des ambitions de la Ferrari N°2 au petit matin.

Les 24 Heures de Spa 2010, dont les première heures furent marquées par des averses intermittentes, n’ont pas souri aux Audi R8 LMS du Phoenix Racing, la N°50 et la N°51 ayant toutes deux abandonnées. Abandon également pour la Porsche Prospeed Compétition N°13 qui joua longtemps les premiers rôles.

 

Peter, le forçat de Spa

Week-end chargé pour le Néerlandais Peter Kox qui était engagé pour six courses sur le circuit de Spa-Francorchamps au volant de Lamborghini.

Peter Kox, un des pilotes de GT les plus véloces en Endurance, était engagé à la fois en Lamborghini Super Trofeo, en GT1 FIA World Championship et aux 24 Heures de Spa.

Après un jeudi occupé à régler et qualifier ses différentes montures, Lamborghini Super Trofeo, Lamborghini Murcielago GT1 et Lamborghini LP560 Reiter Engineering, Peter Kox a entamé son week-end par une 5e place dans la course N°1 Super Trofeo à 11h15, vendredi.

A 15h00, il était au volant de sa Lambo pour la Qualifying Race du championnat GT1 (7e). Une demi-heure après l’arrivée, le revoilà au volant de la Super Trofeo pour la seconde course et un podium (3e) . Petit break vendredi soir avec la parade des pilotes. Un plat de pâtes, une bière de Malmedy et au lit.

Samedi matin, 8h30, warm-up du GT1 suivi du warm-up des 24 Heures. A 10h00, 3e course Super Trofeo et une 9e place finale. Hop. A 12h05, départ de la Championship Race du GT1 et abandon après 15 tours.

Quelques minutes supplémentaires avant le départ des 24 Heures de Spa au volant de la Lamborghini Reiter Engineering N°84 à 16h. L’aventure fut hélas écourtée après 63 tours seulement (sortie de route sous la pluie, mais Peter n’était pas en piste).

vdP chute à Blanchimont

Le recordman du nombre de victoires aux 24 Heures de Spa (5) ne remportera pas un 6e succès sur son circuit fétiche : la Ferrari F430 d’Eric Van de Poele a abandonné au petit matin.

Eric Van de Poele est un pilote éclectique, aussi rapide en monoplace qu’en voiture de tourisme ou au volant d’un proto. Et éminemment sympathique, comme tous les pilotes belges… Vice-Champion de F3000 en 1990, il accède à la Formule Un l’année suivante chez Modena.
Après un passage chez Brabham-Judd et Fondmétal, vdP quitte la F1 avec 5 Grand Prix au compteur et une 9e place à San Marin. L’Endurance et le Sport-Prototypes lui tendent les bras : Peugeot 905, F333 SP (1er Sebring 95), Cadillac, Bentley (3e au Mans 01)…

Mais c’est sur le circuit de Spa-Francorchamps, dans son jardin (il est né à Verviers) qu’il s’exprime le mieux. Il remporte les 24 Heures de Spa 1987 sur une BMW M3, récidive en 1995 sur une BMW 320i avec Marc Duez et Alain Cudini. Au volant de la Maserati MC12, il fut quasiment imbattable avec des succès en 2005, 2006 et 2008.

Cette année, l’équipage Van de Poele, Bruni, Vilander, Longin avait de la gueule et la Ferrari F430 AF Corse/Vitaphone était une arme redoutable. « Il n’y aura peut-être qu’une seule Ferrari F430 GT2 de pointe, mais comme je ne conduis qu’une voiture à la fois, peu m’importe ! », plaisantait Eric avant le départ.

Qualifiée en pole par Gimmi Bruni et leader en début de course, tout se présentait bien pour la Ferrari N°2. Mais à l’approche de la deuxième heure, un contact avec un concurrent l’obligea à repasser au stand pour remplacer une roue cassée. Repartie en 7e position, la Ferrari N°2 revint petit à petit en haut du classement. A 4h du matin, elle était dans les échappements de la BMW de tête.

Mais au petit jour, Eric Van de Poele et Anthony Kumpen s’accrochèrent en doublant un concurrent à Blanchimont. Bilan : les deux leaders GT2 et GT3 au tapis et l’entrée en piste du Safety-car pour dégager la Ferrari et l’Audi R8. Pas de 6e victoire pour vdP aux 24H de Spa.

 

24H de Spa : après 18 heures

Aux trois quarts de la course, BMW et Porsche sont en lice pour la victoire sur le circuit de Spa-Francorchamps. La BMW N°79 et la Porsche N°23 ont bouclé 400 tours et s’échangent la première place au gré des ravitaillements.

Les 24 Heures de Spa 2010 entrent dans la dernière ligne droite et trois voitures peuvent encore prétendre à la victoire. Depuis le petit jour, la BMW officielle de Adorf/Werner/Müller et la Porsche BMS Scuderia Italia de Dumas/Ragginger/Bergmeister/Henzler se succèdent en tête en fonction de leurs pit-stops. A 10h, c’est la BMW qui comptait environ 2 minutes d’avance après 400 tours bouclés.

La Porsche Imsa-Performance-Matmut de Pilet/Long/Narac/Lietz est 3e à un tour et dispose d’une avance confortable sur la BMW N°78 victime de coupures moteur et revenue 4e à 8 tours. L’Audi N°73 de Stéphane Ortelli est 5e du général et 1ère en GT3.

Après ses déboires en début de course (contact et roue cassée), la Ferrari N°2 AF/Vitaphone de Bruni/Van de Poele/Vilander/Longin était revenue en 2e position à mi-course. Mais au petit matin, Eric Van de Poele et Anthony Kumpen (Audi N°50 Phoenix) se sont accrochés en voulant doubler un concurrent au Raidillon.

24H de Spa : après 6 heures

La nuit est tombée sur les Ardennes où les averses douchent le circuit régulièrement depuis le départ. La BMW N°79 de Adorf/Werner/Müller mène les 24 Heures de Spa 2010 devant la Porsche BMS Scuderia Italia N°23 de Bergmeister/Dumas/Ragginger/Henzler.

Qualifiée en pole par Gimmi Bruni, la Ferrari AF Corse/Vitaphone N°2 (Bruni/Longin/Van de Poele/Vilander) était en tête jusqu’au début de la 2e heure de course où, suite à un contact avec un concurrent, elle dut repasser à son stand pour changer une roue cassée, laissant les commandes aux BMW officielles. Elle pointe actuellement à la 6e place, à 2 tours du leader.

Après 5h30 de course, les deux BMW étaient aux avant postes. Mais la N°78 (Alzen/Müller/Lamy) a rencontré des coupures moteur. A 22h, la BMW N°79 est donc en tête devant la Porsche BMS N°23 qui est remontée peu à peu en haut des classements. La Porsche N°16 Imsa-Performance (Pilet/Long/Lietz/Narac) et la N°13 de Prospeed Compétition (Westbrook/Lieb/Hozler/Goosens) mènent la chasse. Le top-5 100% constructeur allemand est complété par l’Audi N°50 (Rockenfeller/Kumpen/Fassler/Luhr).

 

Spa, le « Café de l’Europe »

Il y a deux siècles, Spa attirait toute la noblesse européenne. Rois, empereurs, tsars se retrouvaient aux thermes connus depuis l’époque romaine. Spa était alors surnommée le « Café de l’Europe ».

C’était un peu St Tropez : l’Empereur Joseph II tapait le carton avec le Tsar de Russie Pierre Le Grand dans les salles du premier casino du monde, la Redoute, ouvert en 1762. Victor Hugo, Alexandre Dumas, Giacomo Meyebeer… Le gotha mondain se réunissait au « Café de l’Europe ».

Deux siècles plus tard, Spa resplendit toujours au cœur des Ardennes bleues et rayonne dans le monde entier, en grande partie grâce au plus beau circuit du monde lové dans les collines environnantes : Spa-Francorchamps. Mais pas seulement.

Le 6 juillet dernier, Spa a accueilli le Tour de France, l’une des manifestations sportives les plus connues et médiatiques au monde, diffusée dans 183 pays. L’étape de Spa restera dans les mémoires pour sa météo exécrable et les routes glissantes ayant mis au tapis plusieurs candidats à la victoire.

Du côté du circuit, le calendrier 2010 est chargé avec les World Series by Renault et les 1000 km en mai, les 24 Heures en juillet, le Grand Prix de F1 en août, sans compter différentes courses moto et journées clubs.

La première édition des 24 Heures de Spa s’est déroulée en 1924, un an après les 24 Heures du Mans. C’est donc la deuxième course de 24 heures la plus ancienne au monde qui compta elle aussi pour le Championnat du monde des Voitures de Sport. Comme le Nürburgring, les 24 Heures de Spa n’ont sans doute pas la même aura que Le Mans, mais c’est un rendez-vous qui reste extrêmement populaire en Europe du Nord.

XXIV, en chiffres Romain

Romain Dumas a gagné les trois géantes d’Europe : 24 Heures du Nürburgring, 24 Heures du Mans et 24 Heures de Spa. Le Français a plus d’un double tour dans son sac !

C’est en 2003, pour sa première saison en tant que pilote officiel Porsche, que Romain Dumas a ouvert son palmarès sur 24 Heures en s’imposant à Spa avec Stéphane Ortelli et Marc Lieb (Porsche 911 GT3 RS)

Le Français a ensuite remporté trois fois d’affilée les 24 Heures du Nürburgring avec le team Manthey Racing (Porsche GT3 RSR) entre 2007 et 2009. Et cette année, il a triomphé au Mans avec Audi.

Si l’on ajoute une victoire de catégorie GT aux 24 Heures de Daytona et deux titres en ALMS, on tient là un des plus beaux palmarès de l’Endurance et des courses de 24 heures.

Romain roule ce week-end au volant de la Porsche BMS Scuderia Italia N°23 avec ses potes Bergmeister, Ragginger et Henzler.

24 Heures chrono

La Ferrari N°2 et la BMW N°79 se partagent la première ligne de la grille de départ des 24 Heures de Spa 2010, devant les deux Audi R8 du Phoenix Racing. Ca promet !

Jeudi soir, Gimmi Bruni avait arraché la pole position en milieu de 2e séance qualifs en 2’22’’403, profitant d’une piste s’asséchant avant de nouvelles pluies.

Personne ne parvint alors à améliorer le chrono réalisé par le pilote italien, tout juste rentré du Connecticut (ALMS). Bruni est en pleine bourre en ce moment puisqu’il avait signé la pole et gagné en LMGT2 à Portimao (Le Mans Series) mi-juillet.

Vainqueur aux 24 Heures du Nürburgring, 2e et 3e LMGT2 à Lime Rock, BMW est une nouvelle fois à la pointe du combat. A Spa, en qualifs, Dirk Werner n’échoué qu’à quelques millièmes de la pole. Dans la foulée, BMW a annoncé sa participation à l’Intercontinental Le Mans Cup 2010.

Ce matin, les deux BMW officielles ont réalisé les meilleurs temps du warm-up devant la Ferrari N°2 et la Mosler de Romain Grosjean.

Départ des 24 Heures de Spa à 16h.

 

42 (Grands) Touristes à Spa

42 GT sont engagées aux 24 Heures de Spa, le festival estival de l’Endurance qui draine une foule compacte sur le circuit de Spa-Francorchamps quelle que soit la météo. Elle s’annonce une nouvelle fois capricieuse ce week-end dans les Ardennes belges.

Bibendum

Et c’est bien ce qui tracasse les techniciens Michelin. Avec 38 partenaires aux 24 Heures de Spa + 24 en GT1 FIA World Championship, c’est 62 voitures que Michelin va équiper à Spa-Francorchamps. Spa, pas vraiment une balnéo pour les hommes de Michelin, surtout si les conditions météo sont changeantes…

« Nous avons acheminé environ 7000 pneus, davantage qu’aux 24 Heures du Mans », explique Franck, Technicien Michelin. « Les partenaires engagés aux 24 Heures de Spa rouleront exclusivement en pneus compétition-client. Nous leur proposons un type de pneu pluie et trois types de slicks (S7, S8, S9) du soft au hard. Le retaillage est interdit. »

Le règlement limite à cinq trains de slicks par voiture pour les essais libres, pré-qualifs et qualifs. Il n’y a plus de quota après les deux premiers tours de course. Pas de quota non plus pour les pneus pluie.

Grosse journée demain avec les essais libres dès 9h00, puis les pré-qualifs et trois séances qualifs jusqu’à 23h30.